Du Paradis en Enfer

Soirée ME-MO-RABLE. J'ai assisté à la deuxième représentation de RIGOLETTO de Verdi à l'Opéra Bastille, dans sa mise en scène de Jérôme Savary. Un triomphe, après quelques frayeurs dues au mouvement national des intermittents du spectacle (15 mn de grève) et au remplacement in extremis du rôle titre par un chanteur dont le nom ne me disait rien... sur le moment. Il s'est avéré, par la suite, être le plus grand RIGOLETTO qu'il m'est été donné de voir et d'entendre puisque c'est le même interpréte qui joue le rôle sur mon DVD préféré (avec Christine Schäffer et Marcelo Alvarez). Merci donc à Paolo Gavanelli, ému aux larmes lors de son ovation finale ! Un grand bonheur malgré un petit vieux, assis derrière Sébastien et moi, qui faisait, malgré lui et sans le talent nécessaire, ce qu'on appelle, à l'opéra, "la claque" : il initiait les applaudissements en devançant les dernières mesures du chef d'orchestre et, ô rage, ô désespoir, il a applaudi au milieu de l'air de Gilda, Caro Nome. Un sacrilège ! Je ne vous parle pas ici des "bravo" qu'il a parfois bredouillés, pour ne par dire gémis. Dans la série des "petits-désagréments-nécessaires-car- le-bonheur-total-rend-fou", mon voisin qui était atteint d'une quinte de toux... En temps normal je trouve cela intolérable (un profond côté misanthrope m'habite), mais, ce soir-là, j'étais fasciné par le spectacle scénique et la performance des chanteurs. Malgré tout, et de loin, c'était l'une des meilleures soirées d'opéra à laquelle je me suis rendu : Laura Claycomb, qui interprète la fille de RIGOLETTO, Gilda, était une fort belle soprane, coloratura à souhait et aux aigüs angéliques. Quant au ténor, Bülent Külekci, il s'en est très bien tiré même si son Dona e mobile n'a pas été applaudi comme le veut "la tradition"... Allez comprendre...
La seconde partie de soirée a été marquée par la fin de mon histoire avec Sébastien :'(