Etincelle de révélation

Je m'aperçois que le monde évolue très vite, trop vite même. J'ignore ce qui va se passer, mais tout se bouscule, et, d'un moment à l'autre, je m'attends à une nouvelle qui changera la face du monde. La grippe aviaire, tout comme en son temps l'épizootie de la vache folle, est le sujet phare à la machine à café. Les chats sont atteints, bientôt les humains ? Une nouvelle peste ? une nouvelle grippe espagnole, avec à la clef des millions de morts ? Pendant ce temps-là, Dominique de Villepin joue son va-tout présidentiel sur le CNE et Nicolas Sarkozy prépare son voyage en Martinique et en Guadeloupe. Ségolène Royal se positionne et Alain Juppé prépare son retour dans la vie politique française. J'ai souvent l'impression de tels décallages entre la vie et la société dans laquelle nous vivons. D'un instant à l'autre je me dis qu'on peut basculer dans un état proche du néant civilisationnel (ô le doux néologisme !), et le monde politique est loin de ces préoccupations. Cela me fait très peur. J'ai longtemps été politisé, mais j'en suis revenu. Je crois toujours dans le politique, mais pas tel qu'il m'apparaît aujourd'hui. J'éprouve beaucoup de difficulté à concevoir que nos dirigeants ne sont pas issus d'un système qui les fabriquent et les pérpétuent. C'est horrible finalement de penser qu'une caste nous gouverne. Et j'ai de cette caste une image très médiocre, cotoyant parfois quelques uns de ses représentants. La plupart des hommes politiques ont un ego disproportionné. Je me dis qu'on devient homme politique pour avoir de la reconnaissance, parce qu'on veut être aimé. Très très peu ont une véritable vocation et montre un pur altruisme. C'est ce qu'on appelle communément la soif du pouvoir, non ? Je me dis qu'il y a donc un fossé qui se creuse entre les réalités, plutôt terrifiantes, que nous renvoie l'évolution de notre société, et le monde politique, qui se bat pour la conquête égoïste du pouvoir... Bizarrement, j'ai de Nicolas Sarkozy une image mitigée. A la fois très bonne et très effrayante. Je n'arrive pas à savoir ce qui relève du fantasme et ce qui est réel, tellement son image est insaisissable. Il est innovateur, c'est certain. Maintenant, il peut avoir un comportement qui rend perplexe et un discours, à la fois très populaire et très populiste. Ce qu'on ne peut lui enlever, c'est son engagement. Peut-être peut-on lui appliquer la théorique économique classique de la main invisible de Smith, qui dit qu'une main invisible guide les égoïsmes particuliers pour le bien-être collectif... Pourquoi pas.... je demande à voir, mais avant, je veux être sûr de ne pas me tromper en 2007.
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