Les jonquilles de mon enfance

Publié le par Butterfly

Vous est-il déjà arrivé, au moment où des gouttes de pluie commencent à frapper le carreau d’une fenêtre, de voir surgir du fond de votre mémoire le reflet de l’enfant que vous étiez ? Les yeux perdus sur la ville, je me suis revu dévaler des collines enneigées en 1987. Il avait fait particulièrement froid cet hiver-là et j’avais l’âge des premiers joies de l’enfance dont on se rappelle toute sa vie. Après ces jeux éphémères, dont seules des bribes de souvenirs ont subsisté au cours des années, vint le printemps. Je montais sur ces mêmes collines et passais de longues heures allongé dans l’herbe presque chaude à me perdre dans les nuages. Je me levais, tout étourdi, et je fixais le ciel. Puis, je tournais sur moi-même, lentement, puis de plus en plus vite. Je me laissais tomber et roulais jusqu’aux pieds de la colline. Autour de moi, des champs de jonquilles à perte de vue. Je me retrouvais souvent la tête plongée dans le doux parfum de ces fleurs, tout ébouriffé. Lorsque j’ai du quitter la maison de mon enfance, pour rejoindre le bord de mer, je n’ai pas compris tout de suite que là où j’irais, il n’y aurait plus de collines, de neige et de jonquilles. Les dunes, le soleil et les aiguilles de pins maritimes n’ont jamais remplacé les délices du bonheur de mes neuf ans. Peut-être est-ce parce que j’en avais eu dix et que, la dizaine aidant, on commence à hésiter avant de dévaler une dune, allongé dans le sable.

 

Aujourd’hui, cette pluie, qui balaie les rues de Paris, est venue frapper à la porte de mes souvenirs. J’aimerais croire que ce rêve éveillé n’est du qu’au caprice de la météo… ça serait tellement verlainien. Mais je viens de me remémorer ma nuit et je me revois, sur la scène d’un grand concert lyrique, en compagnie d'un ténor que je connaissais visiblement très bien. Je me trouvais à côté des musiciens, bien visible du public. Le ténor devait chanter l’un des airs les plus difficiles du répertoire et, devant une foule en délire (l’auditoire était digne de celui d’une rock-star), il a commencé à entonner les premières notes. Puis, pendant que l’orchestre jouait, il s’est saisi d’un micro et a lancé, après m’avoir regardé avec un grand sourire, « je dédie cette chanson à l’enfant qui se trouve sur cette scène ! ». Il s’est ensuite adressé au public : «… et à l’enfant qui se trouve parmi vous ! ». Sa voix fut alors couverte par une fulgurante clameur… ce qui m’a réveillé une heure avant que mon réveil ne sonne.

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Publié dans Vie quotidienne

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F
je me souviendrais toujours un après midi d'hiver, il faisait froid, et après avoir joué dans la neige, nous sommes rentrés ma mère et moi au salon. Avec de la moquette beige. La lumière était tombé et seule une lampe de son abajour coloré nous illuminait. Ma mère repassait et je créait un "chateau fort" en légo. <br /> Cet épisode de "Cote West" je m'en souviendrais toujours. Je crois que c'est ce jour la que tout a basculé. :)
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V
je l'avais pas vu cet article là.... <br /> Bon, moi, pas de bébé pour le moment.....J'attends.. et je suis plus vieille d(un an. <br /> <br /> Voilà. je me suis promenée au père lachaise: j'ai pensé à toi...
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C
le jour où... tu es monté en "grade" et où le téléphone a sonné chez moi. C'était hier, journée d'heureuses nouvelles ! Encore bravo et j'espère pouvoir être là pour ta première !
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B
Pour une fois, le mesage d'Althorp est vaguement encourageant. Je me suiis fait la mùême remarque qu'Antinoüs et j'ai revu en te lisant Melissa Gilbert courant dans sa prairie, les couettes virevoltant au gré de ses pas. Moi, j'ai grandi en région parisienne alors même la mer, ça m'aurait bien convenu.<br /> Finalement, le fait de ne pas avoir de merveilleux souvenirs de mon enfance me permets de ne pas être trop nostalgique de cette période, c'est déjà ça, ;-)!<br />
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A
Si vous saviez, tous autant que vous êtes, comme vos propos volent au raz... des pâquerettes.Ce n'est pas tout de vouloir faire du romantisme ou de l'auto-biographie tendance nostalgie/enfance heureuse. Il faut, pour être un auteur reconnu avoir - comme se plaisait à le dire feu M. Henri Troyat de l'Académie française et même M. Pagnol, "de l'épaisseur" et se garder des futilités.Plaise au ciel que tu l'acquiers, cette épaisseur, Papillon. Mais rouler dans les jonquilles, la neige ou  même le sable reste  un peu léger, à cet égard.Je crois pour tout te dire que l'obsession du nombril chez tes lecteurs  (et en toi) étouffe ta capacité créatrice. Ne les lis plus ces parasites de l'esprit, à commencer par moi, et tu verras que ta plume gagnera en légèreté et en intensité.  Sache que l'on écrit avant tout pour soi, pas pour les autres.
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