Un samedi après-midi sur la Terre

Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais aimé les samedi après-midi. C'était sûrement parce que je me retrouvais seul chez moi. C'est peut-être également là où se trouve l'origine d'une partie de mon caractère... associable !
Je me rappelle de ces moments de solitude, assis au coin du feu que je ne quittais pas des yeux, l'écoutant crépiter, pendant des heures. Je passais de longs moments à me perdre dans mes pensées pour finir par ne plus penser à rien. Et puis je finissais par revenir à la "dure" réalité : mes copains devaient, en ce moment précis, s'amuser. J'ignore si c'était moi qui m'excluait ou si j'étais exclu, mais je me sentais, non seulement seul, mais isolé.
Quand j'y repense, c'est assez angoissant. Non pas que je n'avais pas d'ami, mais je ne sortais pas le week-end. Je restais "en famille"... seul, mais en famille. Je ne veux pas tout ramener à mon homosexualité, car je sais que ce n'est pas ce qui me définit le mieux, mais je me sentais réellement "ailleurs". J'avais le sentiment de ne pas appartenir au même monde que ma famille et mes amis... comme lorsqu'on devient conscient du rêve que l'on fait. Mon enfance a essentiellement été onirique.
Les choses ont bien changé depuis. Presque vingt ans après ce calvaire hebdomadaire, j'ai l'impression d'en garder quelques traces indélébiles. Je suis devenu, malgré les apparences, une personne angoissée. Il m'arrive parfois, le samedi après-midi, lorsque je me retrouve seul chez moi, d'entendre des crépitements et de me perdre dans les flammes du souvenir de mon enfance.
Je me rappelle de ces moments de solitude, assis au coin du feu que je ne quittais pas des yeux, l'écoutant crépiter, pendant des heures. Je passais de longs moments à me perdre dans mes pensées pour finir par ne plus penser à rien. Et puis je finissais par revenir à la "dure" réalité : mes copains devaient, en ce moment précis, s'amuser. J'ignore si c'était moi qui m'excluait ou si j'étais exclu, mais je me sentais, non seulement seul, mais isolé.
Quand j'y repense, c'est assez angoissant. Non pas que je n'avais pas d'ami, mais je ne sortais pas le week-end. Je restais "en famille"... seul, mais en famille. Je ne veux pas tout ramener à mon homosexualité, car je sais que ce n'est pas ce qui me définit le mieux, mais je me sentais réellement "ailleurs". J'avais le sentiment de ne pas appartenir au même monde que ma famille et mes amis... comme lorsqu'on devient conscient du rêve que l'on fait. Mon enfance a essentiellement été onirique.
Les choses ont bien changé depuis. Presque vingt ans après ce calvaire hebdomadaire, j'ai l'impression d'en garder quelques traces indélébiles. Je suis devenu, malgré les apparences, une personne angoissée. Il m'arrive parfois, le samedi après-midi, lorsque je me retrouve seul chez moi, d'entendre des crépitements et de me perdre dans les flammes du souvenir de mon enfance.
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