Paris est un état d'esprit

Le touriste y voit la hauteur vertigineuse d'une Tour Eiffel massive ;
L'homme d'affaires y remarque la place bruyante des Tours de la Défense ;
L'amoureux y contemple les charmes automnaux du Sacré Coeur loitain ;
L'étudiant y passe sous l'ombre des platanes en fleur du Quartir Latin ;
La diva y foule les tapis dorés de la loge présidentielle de l'Opéra Garnier ;
Le Papillon s'y faufile et passe de monuments en monuments comme autant de fleurs qu'on butine...
J'étais énervé cet après-midi et j'ai traversé une partie de Paris en n'y remarquant que ces aspects désagréables : les gens qui vous bousculent, les klaxons qui agressent, les poussettes qui vous ralentissent sur des trottoirs trop étroits. La veille, j'avais accompli exactement le même parcours, mais je n'avais prêté attention qu'aux sourires des passants, au silence de la place des Vosges, et au regard croisé avec de charmants jeunes hommes. Le froid me paraissait moins froid, l'air me semblait moins pollué et Paris était la plus belle ville du monde.
La chanson se trompe : un crépuscule de printemps ne rappelle pas le même crépuscule qu'il y a dix ans... Entre le Paris d'hier et le Paris d'aujourd'hui, deux mondes que presque tout oppose. Tout est une question d'état d'esprit, qui ne s'applique pas seulement à Paris. On ne voit qu'avec son coeur et même la Joconde pourrait passer pour une croûte aux yeux du déprimé. Tout vient de l'intérieur et c'est toujours prédisposé que nous appréhendons ce qui nous entoure. Qu'il est important de se sentir bien pour ressentir les belles choses !
Mais cela signifie-t-il alors que rien d'extérieur ne pourrait nous faire changer d'état d'esprit ?
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