Passage saisonnier

Le ciel est gris en ce moment sur Paris. Le temps se refroidit lentement, mais aussi sûrement que les jours raccourcissent. La transition saisonnière s'opère visiblement, à mon grand bonheur ! Le passage automnal qui est, pour beaucoup un signe avant-coureur de la déprime glaciale des courtes journées d'hiver, est l'un des moments de l'année que je préfère. Il me tarde de grelotter en sortant de chez moi, de boire un café chaud en me promenant dans les rues semi-désertes d'un quartier d'ordinaire bondé, de regarder les patineurs de l'Hôtel de Ville. Ce n'est plus un froid de canard, mais un froid de papillon ! C'est ce côté neurasthénique qui me sied à merveille et qui n'est pourtant pas synonyme de tristesse. Quand j'étais lycéen, on m'attribuait un côté mystérieux... Peut-être parce que j'avais tant à cacher. Aujourd'hui, je ne joue plus à l'hétéro, je ne joue pas l'homo non plus. Je pense être moi-même la plupart du temps même si personne n'échappe au rôle qu'on lui attribue.
Durant son spectacle Seul (de Pierre Légaré), François Rollin explique que ce sont durant les quatre premières minutes d'une rencontre que se joue toute une relation : c'est pendant ce court laps de temps que la personne reçoit de nous une première impression qui conditionne ensuite toute la manière dont elle nous perçoit. Il y a un semblant de vrai dans ce qu'il dit. Heureusement, cependant, que la vision envoyée et reçue évolue au cours d'une relation !
Publicité