Un roman d'été (IX)
Il proposa à Yann et à François une sortie en boite tout en ayant pris soin de préparer son appartement à leur visite matinale du lendemain. Ses plans se déroulèrent comme prévu et le plan prévu se concrétisa dans trois cris de jouissance successifs. Le trio sexuel se reforma à l'occasion puis, avec l'amitié naissante, il devint beaucoup moins fréquent pour ne devenir qu'exceptionnel, toujours à l'occasion de soirées trop arrosées.Ce soir, Eric avait envie d'oublier ces dernières 24 heures et commença à boire, vidant les verres au fur et à mesure que se replissait son cerveau de brumes éthérées. Ivre, Eric riait fort. Puis il se taisait de longues minutes pour revenir dans la discussion. Stéphane jetait un regard interrogateur à Serge afin qu'il tente de lui expliquer les raisons d'un tel état. Mais Serge, pas plus que ses autres compagnons de sortie, ignorait ce qui poussait Eric à boire plus fort et plus vite qu'eux. Eric se perdait dans un brouillard de plus en plus épais. Il ne distinguait plus nettement les contours et les formes flottaient autour de lui. Sa tête devint brusquement lourde et commença à l'entraîner dans des tours de manège. D'abord lents, ceux-ci s'accéléraient pour cesser et recommencer. Ca cognait fort là-dedans : Eric savait qu'il avait dépassé la limite de l'ivresse autorisée pour s'amuser. Il jouait désormais dangereusement à se rendre malade. A la sortie de la boite, vers 5 heures 30, Yann et François soutenaient Eric. Dans cet état, le plan à trois n'était plus envisageable. Serge et Stéphane étant repartis depuis belle lurette, ils décidèrent d'aller coucher Eric puis de continuer leur soirée dans le premier after qu'ils trouveraient.
A peine entrés chez Eric, ils l'entrainèrent sous la douche après avoir éparpillé tous ses vêtements aux quatre coins de l'appartement. Ils le laissèrent nu, mais propre, sur son lit, non sans l'avoir gentiment caressé. Un corps comme celui d'Eric ne saurait souffrir d'économie d'attention. Eric ne réagissait pas, du moins mentalement : il était ailleurs, les yeux clos et un sourire figé à ses lèvres asséchées.
Quand il ouvrit un oeil, Eric eut l'impression d'être allongé dans un lit de coton. Tout était blanc autour de lui. Un hôpital ? Eric émergeait tout doucement et le retour à une vie qui lui semblait réelle lui paraissait imminent. Ses deux yeux grand ouverts fixaient ce qu'il pensait devoir être un plafond blanc. Il cherchait d'où pouvait provenir cette lumière douce qui l'entourait, mais il ne distinguait aucun spot dans l'immaculé plafond. Eric détourna le regard et s'aperçut, à son grand effroi, que tout était blanc. Il douta se trouver dans une pièce, mais il ne pouvait en être autrement. Il lui fallait le temps de se réveiller. Mais, au bout d'une dizaine de minutes, Eric dut se rendre à l'évidence : il ignorait tout de l'endroit où il se trouvait.
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