Urbi et Orbi
My name is Law. Jude Law ! Alors... que feriez-vous dire à son regard ?
Signe des temps ? Je ne sors de chez qu'armé de mon lecteur mp3 et de mes écouteurs. Je ne conçois plus un trajet, seul, à travers le métro ou les rues bondées sans cette barrière technologique. Durant presque deux ans, je trouvais que cet attirail donnait aux Parisiens un air renfermé qui confortait leur réputation d'ombres ambulantes. Depuis peu, je suis devenu en quelque sorte comme la plupart des Parisiens. A ceci près, c'est que je garde encore le sourire. Non seulement parce que Lou m'a découvert une petite fossette lorsque je souriais, mais aussi parce que cela commence à devenir une habitude que je ne veux pas perdre. Tant de monde triste, ailleurs, transparent... J'ai envie, durant les 8 stations de ma ligne de métro, entre chez moi et mon travail, de ne pas être noyé dans cette masse de visages fermés.
Me voilà à la fois dans mon monde, par la musique que j'écoute, et hors de lui, en regardant autour de moi, le regard souvent fuyant, mais croisant parfois celui d'autrui. Lorsque je me ballade de blogs en blogs, il m'arrive de trouver cette même histoire de regards échangés dans la rame d'un métro, laissant inaugurer bien des interprétations. Je crois que ce genre d'expérience ne m'est jamais arrivé. Enfin, plus exactement, je n'ai pas conscience d'en avoir vécu. Et puis, à y réfléchir, je suis tellement timide que je détournerais rapidement le regard si cela m'arrivait. Tant mieux...
Il paraît qu'on cherche dans les yeux d'autrui sa propre reconnaissance. Je crois surtout qu'il est très difficile d'interpréter un regard, surtout dans un endroit aussi ambigu que le métro. J'ignore moi-même ce que renvoie mon regard. On le dit noir et perçant quand je suis en colère. Profond et mystérieux la plupart du temps. Enfantin et moqueur lorsque je plaisante. Bref... un kaléidoscope d'impressions sur une seule couleur. Comme tout le monde a le même kaléidoscope dans le regard, je vous laisse imaginer combien de sens l'on pourrait donner à ces rencontres d'un moment... Décidemment, c'est pas facile de communiquer !