L'effet papillon

Curieux mouvement que le va-et-vient de la vie. On se perd et on se retrouve, ad vitam eternam. Je reconnais volontiers que je fais preuve ces derniers temps d'une profonde superficialité. Je ne cesse de parler musculation, abdominaux, épilation, plage... Peut-être faut-il que je passe par cet état qui me rend méconnaissable afin de me poser. Je fonctionne par lubies : en ce moment, c'est le sport ! On a vu pire comme obsession, non ?
Et me voilà conscient du changement qui s'opère depuis quelques mois. J'ai du mal à croire que dans un passé pas si lointain je pesais près de 100 kilos. La dernière fois que je suis monté sur ma balance (hier), j'en faisais à peine 70... Les séquelles de l'adolescence vous marquent impitoyablement à jamais. Les moqueries enfantines sont cruelles parce qu'elles sont si spontanées... On ne triche pas et les pires choses se disent tout naturellement.
Depuis, tant de changements auraient du effacer les traces de ces gamineries. Mais il n'en est rien : on ne sort pas indemne de jugements blessants au moment où l'on se construit une personnalité.
Bien sûr, je n'y pense aujourd'hui que ponctuellement. Je me sens de mieux en mieux, et c'est tant mieux !
La campagne électorale bat son plein et apporte tous les jours son lot d'informations révoltantes. J'essaie d'en faire abstraction, mais impossible : tout autour de nous suintent les pores de la fièvre électorale. A m'en rendre malade... pourquoi ai-je si peur de ce qui pourrait arriver en avril prochain ? Un bulletin dans l'urne pourrait-il provoquer un ouragan en Australie ?
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