Celui qui n'a jamais couché avec une femme

Publié le par Butterfly


Il y a trois types de gay : ceux qui ont aimé des femmes et couché avec elles, ceux qui se sont forcés sans aller bien loin, et ceux qui n'ont jamais rien fait avec elles. La catégorisation peut paraître un peu abusive, c'est le propre de vouloir tout mettre dans des cases. Mais elle reflète parfaitement la diversité des parcours sexuels de mes amis homos avec la gente féminine. Je sais bien que tout cela ne peut se réduire à la simple appartenance à l'une ou l'autre de ces catégories. Il n'empêche que c'est un sujet récurrent dans nos conversations (et j'imagine que ce n'est pas propre à mon cercle d'amis).
En ce qui me concerne, j'ai longtemps été "hétéro" tout en sachant que "quelque chose ne tournait pas rond". Les actes concernaient les filles, mais les sentiments tendaient à se diriger vers les garçons. Je me sentais contraint par mon milieu (social, familial, étudiant) et je n'envisageais pas de transgresser la norme. Puis c'est devenu insupportable et je me suis rendu à l'évidence : jamais je n'aurai de relation poussée avec une femme. Plutôt que de m'imaginer vieux garçon, j'ai franchi le pas avec Internet. Finalement, Internet continue à jouer un grand rôle dans ma socialisation homosexuelle. Aujourd'hui, je suis heureux de vivre presque à 100% mon homosexualité. Ce n'est pas un choix, ni une contrainte d'ailleurs. Je crois que c'est être en adéquation avec ce qu'on est. S'accepter est un long processus qui ne doit surtout pas résulter d'une quelconque obligation. Une fois que la maturation s'est opérée, alors tout finit, un jour, par passer et ce que jadis on craignait (les réactions de ses amis par exemple), on l'affronte naturellement.
Je ne suis pas choqué lorsqu'on me dit qu'on n'a jamais couché avec une fille : je comprends même qu'un tel état puisse fréquemment exister. Je pense d'ailleurs que cela résulte d'une construction de son identité homosexuelle plutôt saine, qui n'a pas eu à subir de contraintes. Mais, comme dans beaucoup de situations, on ne choisit pas son environnement. En y repensant, je regrette aujourd'hui d'avoir voulu jouer l'hétéro que je ne serai jamais !
Publicité

Publié dans Gay life

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
K
En effet, s'accepter est un lon processus...<br /> <br /> Je suis une fille hétéro. Depuis un mois je sors avec un garçon -charmant- qui a fini par me dire qu'il était homo et qu’il a un petit ami, ce dont je me doûtais ;-))<br /> <br /> Il passe la plupart de son temps dans le Marais, va au Sun, et ne fréquente quasiment que des gays. Il a eu peu d'expérience avec d'autres filles, surtout pas sexuelle... Mais plus nous nous voyons, plus on se découvre, plus on aime faire l'amour ensemble.<br /> <br /> Pour lui c'est le constat qu'il aime faire l'amour avec moi qui suis une fille (très fille), alors qu'aucune autre ne l'a jamais attiré. Ca lui pose évidemment un problème car il ne fréquente que des gays dont certains à qui il a parlé de moi lui conseillent d'arrêter de me voir.<br /> <br /> Quand on est ensemble, on est bien tout simplement, sans faux semblant, il arrête de jouer et est naturel. <br /> Je l'accepte comme il est et je ne lui demande rien. La plupart du temps c’est lui qui me sollicite. Mais notre relation le perturbe.<br /> <br /> Est-il un gay qui n'assume pas sa bisexualité ou un bi qui se croit gay ? Ou un garçon qui a peur d'assumer une relation hétéro ?<br /> En tout état de cause je suis d’accord sur le fait que chacun d'entre-nous possède une part de bisexualité. L'important est de pouvoir vivre ses préférences en toute liberté, sans se faire juger, ce qui n'est pas encore gagné...
Répondre
B
On verra bien ce que nous réservera l'avenir (immédiat et lointain...). La tolérance doit être au coeur de nos relations humaines. Beaucoup l'oublient et jugent. Il est déjà suffisamment difficile de se découvrir soi-même et de s'accepter. Nul besoin que ce le soit dans un univers hostile. Mille mercis pour ton message. Je t'ai répondu en privé ;-)
P
tu sais, je crois que ce systeme fonctionne assez chez les lesbiennes aussi...
Répondre
M
moi aussi j arrive pas a me classer
Répondre
T
Bel article ! Bonne année à toi dont je découvre le blog.
Répondre
H
JiBi,<br /> c'est donc une question de goût générique pour toi, plus que de personnalité fondamentale ? Est-on obligé d'essayer avant de dire ? non, car c'est entrer dans un moule de la normalité vulgaire : faire comme tout le monde. Quelqu'un qui n'aime pas le cheval à tant de raisons de ne pas aimer, en dehors du simple fait basiquement gustatif et dont le fait de goûter "pour vérifier" ne changera rien. Relativement matérialiste, en fait.
Répondre