Ô rage, Ô désespoir !

Pourquoi donc les gens se donnent-ils en représentation ? Et surtout, pourquoi se comportent-ils dans la rue comme ils le feraient chez eux ? Et plus encore, pourquoi téléphonent-ils et parlent-ils très fort lorsqu'ils sont dans un train ? Je ne supporte plus ces pollutions sonores et me dis que l'espace public n'est plus aussi public que cela et qu'il se trouve être la somme d'espaces privés qui s'entrechoquent. Tout cela est une question de tolérance, aussi bien de mon côté que de celui de ceux que je dénigre secrétement. Car je n'ai pas la force, ou le courage, de leur faire remarquer que j'en ai rien à faire de leur conversation privée qu'ils font partager à tout un compartiment. Vive le téléphone portable ! Non seulement instrument d'aliénation mais source de pollution et engin d'intrusion et d'exhibition des intimités. La rue n'est plus neutre. J'en veux même aux gens qui jettent leur mégot de cigarette par terre ! J'envie le mode de vie nordique dont j'ai une image asceptisée. Je comprends pourquoi j'éprouve un réel plaisir à me retrouver chez moi : sortir revient à braver ces désagréments de tous les jours. Les fois où je suis fatigué, cela en devient insupportable... Mais je prends sur moi. J'irai me défouler à la gym demain !
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