Marche ou grève !
Je n'ai jamais été aussi proche des Parisiens que depuis ces derniers jours. Au début des grèves, je prenais la clé des Champs. Je découvrais les joies du trottoir : 1 heure à l'aller, 1 heure au retour. Bien évidemment, profond provincial que je reste, je n'emprunte pas le trajet le plus court. Mon petit côté boeuf : tout droit, à gauche, puis tout droit. Puis, au fur à mesure que mes mollets enflaient de manière inversement proportionnelle à ma motivation de marcher, je me suis fait à l'idée de tenter le métro.
Amélioration à Nation : sur la ligne 6, « seulement » 20 minutes d'attente entre chaque rame. Il est 9 heures. Pas trop de monde pour le moment. Toutefois, aucun métro n'est à quai. En quelques instants, la station s'est remplie. A peine le temps de comprendre que j'ai entamé ma descente aux enfers que le métro entre tout doucement. La foule frémit puis devint compacte, telle un banc de pyranas autour de Nemo. Dans ces cas-là j'ai espoir que des notions comme la fraternité, le civisme ou le respect prennent le dessus sur nos instincts primaires animaux. Peine perdue.
Me voilà comprimé au fond de la rame, entre deux jeunes filles et trois gars, plutôt bien fringués. J'étais moi-même en costume cravatte, les cheveux ébourrifés, mon ipod sur les oreilles. Dans ces cas-là, je monte le son. La musique adoucit les moeurs... mais elle ne masque pas les odeurs. Tout parisien qui se respecte a déjà vécu ces situations où l'on se retrouve par la force des choses contraint à subir les désagréments olfactifs de ses voisins de métro pressés contre soi. Je relève les yeux et ne voit autour de moi que des têtes grises, fatiguées, grimaçantes... Pas le moindre choupinou à perte de vue. Il n'y a pas à dire... je préfère la marche !